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Histoire de l'Effet de Serre

1827. Première description de "l’effet de serre"

 

Le mathématicien et physicien français, Jean-Baptiste Fourier, a recours à l’analogie de la serre pour décrire le phénomène naturel de rétention partielle des radiations solaires par l’atmosphère.

 

1873. Fondation de l’OMI

 

L’Organisation météorologique internationale (OMI) est fondée à Vienne. Début des observations météorologiques standardisées.

 

1895. CO2 et effet de serre

 

Le chimiste suédois Svante Arrhenius émet l’hypothèse d’un lien entre l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère et le renforcement de l'effet de serre.

 

1957. Premières mesures systématiques du taux de CO2

 

Les taux de concentration de CO2 dans l’air sont mesurés à Hawaï et en Alaska.

 

1967. Premières prévisions d’un réchauffement planétaire

 

Deux scientifiques prévoient le doublement de la concentration de CO2 d’ici le début du XXIème siècle et une élévation de la température moyenne de 2,5 degrés.

 

1979. Première conférence mondiale sur le climat :Genève

 

Lancement d’un Programme de recherche climatologique mondial, confié à l’Organisation météorologique mondiale (OMM), au Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et au Conseil international des unions scientifiques (CIUS).

 

1985. Convention de Vienne sur la protection de la couche d’ozone

 

Les Etats parties s’engagent à protéger la couche d’ozone et à coopérer scientifiquement afin d’améliorer la compréhension des processus atmosphériques.

 

Septembre 1987. Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone

 

Les Etats parties prennent la décision d’interdire la production et l’utilisation des CFC (Chlorofluorocarbones) responsables de l’amincissement de la couche d’ozone d’ici à l’an 2000. Des mesures d’ajustement au protocole ont été adoptées à Londres (1990), Copenhague (1992), Vienne (1995), Montréal (1997) et Pékin (1999).

 

1988. Création du GIEC

 

Le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC, IPCC en anglais), placé sous l’égide du PNUE et de l’OMM, est chargé du suivi scientifique des processus de réchauffement climatique.

 

Décembre 1989–janvier 1990. 2ème conférence mondiale sur le climat : La Haye

 

La conférence réunit 149 pays. Les douze Etats de la CEE (Communauté économique européenne) s’engagent à stabiliser leurs émissions de CO2 au niveau de 1990 d’ici à 2000. La déclaration finale préconise la mise en place de négociations en vue d’une convention internationale sur les changements climatiques.

 

1990. Premier rapport du GIEC (Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat)

 

Le rapport dresse le bilan des connaissances scientifiques sur les changements climatiques et leurs possibles répercussions sur l’environnement, l’économie, la société. Ce rapport a servi de base scientifique à la Convention-cadre sur le climat (Rio, 1992).

 

3-14 juin 1992. Sommet de la terre : Rio de Janeiro (Brésil)

 

131 chefs d’Etat réunis à Rio adoptent l’Agenda 21, liste de 2500 recommandations d’action pour le 21ème siècle.

La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques [.pdf, 69 Ko] est ouverte à la signature. Son objectif est de stabiliser les concentrations atmosphériques de gaz à effet des serre à un niveau qui empêche toute perturbation humaine dangereuse du système climatique.

Après sa ratification par 50 Etats, la convention est entrée en vigueur le 21 mars 1994.

 

28 mars-7avril 1995. 1ère conférence des Parties à la Convention sur le climat (COP 1) : Berlin

 

Adoption du principe des quotas d'émissions de gaz à effet de serre

 

Décembre 1995. Second rapport du GIEC

 

Le rapport confirme l’influence des activités humaines sur les changements climatiques et prévoit un réchauffement moyen de 1 à 3, 5 degrés d’ici à 2100 ainsi qu’une augmentation du niveau de la mer de 15 à 95 centimètres.

 

8-19 juillet 1996. 2ème Conférence des Nations unies sur les changements climatiques : Genève

 

Les représentants des gouvernements s’engagent à renforcer la lutte contre le réchauffement de la planète, en fixant des objectifs quantifiés légalement contraignant.

 

23-27 juin 1997. 2ème sommet de la terre : New York

 

La 19ème session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies (dite "Rio +5") fait le point sur les engagements pris à Rio cinq ans auparavant, et constate le désaccord entre l’Union européenne et les Etats-Unis sur la réduction des gaz à effet de serre.

 

1er-12 décembre 1997. 3ème Conférence des Nations unies sur les changements climatiques : Kyoto

 

Adoption d’un protocole à la Convention sur le climat dit "Protocole de Kyoto" [.pdf, 51 Ko]. Il engage les pays industrialisés regroupés dans l'annexe B du Protocole (38 pays industrialisés : Etats-Unis, Canada, Japon, pays de l'UE, pays de l’ancien bloc communiste) à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 5, 2% en moyenne d’ici 2012, par rapport au niveau de 1990. Sous la pression d'un groupe de pays conduits par les Etats-Unis, des mécanismes de flexibilité sont créés, permettant à un pays de remplir ses obligations non pas en limitant ses émissions mais en finançant des réductions à l'étranger.

 

2-14 novembre 1998. 4ème Conférence des Nations unies sur les changements climatiques : Buenos Aires

 

La conférence est marquée par la confrontation entre les pays en développement et les pays industrialisés, seuls concernés dans un premier temps par la mise en œuvre du Protocole de Kyoto, et adopte un plan d’action destiné à relancer les mesures décidées à Kyoto. Les Etats-Unis tentent d'accélérer la mise en oeuvre des permis d'émission négociables. Ils s’opposent à tout compromis, mais signent le Protocole de Kyoto.

 

25 octobre-5 novembre 1999. 5ème Conférence des Nations unies sur les changements climatiques : Bonn

 

Les négociateurs des 163 pays représentés débattent de la mise en œuvre du Protocole de Kyoto de 1997 sur la réduction des gaz à effet de serre, dont l’entrée en vigueur est envisagée lors du prochain sommet de la terre en 2002.

 

13-24 novembre 2000. 6ème Conférence des Nations unies sur les changements climatiques : La Haye

 

Les négociateurs des 182 pays représentés échouent à trouver un accord sur la mise en œuvre des mesures adoptées à Kyoto. Confrontation entre les Etats-Unis (et ses alliés : Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Japon) et l’Union européenne (qui plaide contre la prise en compte des puits de carbone, pour que 50% au moins des engagements pris soient réalisés à l’intérieur de chaque pays, pour la création d’une structure supranationale et pour l’instauration de sanctions contre les pays contrevenants).

 

Janvier 2001. Troisième rapport du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

 

 

13 mars 2001. Les Etats-Unis renoncent à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre.

 

Le nouveau président des Etats-Unis, G.W. Bush annonce qu’il renonce à la réglementation des émissions de gaz à effet de serre et affirme son opposition au Protocole de Kyoto.

 

16-27 juillet 2001. 6ème Conférence des Nations unies sur les changements climatiques : reprise des négociations à Bonn

 

Compromis sur un accord gouvernemental ambigu accordant la prise en compte de puits de carbone supplémentaires pour les Etats-Unis et le Japon.

 

29 octobre-10 novembre 2001. 7ème Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Marrakech

 

Elaboration des Accords de Marrakech [.pdf, 667 KO], traduction juridique des règles de mise en oeuvre du Protocole de Kyoto (ils seront définitivement adoptés lors de la conférence de Montréal en décembre 2005). Création d'un comité ad hoc d'observance. Des moyens techniques et financiers sont débloqués en faveur des pays en développement.

 

31 mai 2002. L'Union européenne et ses 15 Etats membres ratifient le Protocole de Kyoto.

 

14 février 2002. Programme alternatif proposé par les Etats-Unis

 

Le Président Bush propose des mesures d'incitations fiscales à l' investissement et à l'utilisation d'équipements moins polluants, ainsi que le développement de la recherche sur le climat et les technologies connexes, afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 18% par million de dollars produits par les industries sur dix ans. Ces mesures se veulent une alternative au protocole de Kyoto sur les changements climatiques de 1997 rejeté par les Etats-Unis.

 

4 juin 2002. Le Japon ratifie le Protocole de Kyoto.

 

26 août-4 septembre 2002. Lors du Sommet sur le développement durable organisé à Johannesburg (Afrique du Sud), le Canada, et la Russie déclarent leur intention de ratifier le Protocole de Kyoto. (La ratification russe est indispensable à l'entrée en vigueur du Protocole). La Chine l'a, quant à elle, ratifié le 30 août.

 

23 octobre-1er novembre 2002. 8ème Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à New Delhi

 

La déclaration finale de la conférence, qui réunit 185 pays, réitère la nécessité de ratifier le Protocole de Kyoto sur la limitation des émissions de CO2, mais, sous la pression des Etats-Unis et des pays du Sud, ne prévoit pas d'élargissement des engagements de Kyoto aux pays en développement après 2012.

 

19-21 février 2003.

 

20ème session du Groupe d'experts intergouvernementaux sur l'évolution du climat (GIEC) à Paris. Présidé par l'Indien Rajendra Pachauri, le GIEC, groupe d'experts de l'ONU créé en 1988 par l'Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations unies pour l'environnement, lance la réflexion sur son 4ème rapport pour la période 2003-2007.

 

29 septembre-3 octobre 2003.

 

Lors de la conférence scientifique intenationale sur le changement climatique, réunie à Moscou, la Russie exclut de ratifier rapidement le Protocole de Kyoto sur la limitation des gaz à effet de serre.

 

1er-12 décembre 2003. 9ème Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Milan (Italie).

 

Lors de la conférence, la Russie, de qui dépend l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto, ne lève pas tous les doutes sur ses intentions de le ratifier.

 

120 pays sur les 188 représentés à Milan l'ont actuellement ratifié, et les Etats-Unis, qui l'ont rejeté en 2001, apparaissent isolés. L'Iran, l'Ukraine, le Yémen et le Kazakhstan annoncent leur ratification prochaine.

 

22 octobre 2004. La Russie ratifie le Protocole de Kyoto [.pdf, 184 Ko].

 

En approuvant le projet de loi de ratification, les députés russes ouvrent la voie à l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto, qui sera effective le 16 février 2005. En effet, pour entrer en vigueur, l'accord international devait être ratifié par au moins 55 pays représentant 55% des émissions de gaz à effet de serre.

 

6-17 décembre 2004. 10ème Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Buenos Aires (Argentine).

 

Aucun engagement n'est pris sur l'ouverture de nouvelles négociations à l'expiration du Protocole de Kyoto en 2012. Américains et Européens parviennent toutefois à un compromis final sur l'échange d'informations concernant les politiques adoptées pour mettre en oeuvre les engagements actuels, soit la Convention sur les changements climatiques de 1992 dont les Etats-Unis sont partie, et le Protocole de Kyoto de 1997 qu'ils ont refusé de ratifier.

 

16 février 2005. Entrée en vigueur du Protocole de Kyoto, après avoir été ratifié par 141 pays.

 

34 pays industrialisés, à l'exception des Etats-Unis et de l'Australie qui comptent pour plus d'un tiers des gaz à effet de serre du monde industrialisé mais n'ont pas ratifié le Protocole, doivent réduire de 5,2% en moyenne par rapport à 1990 leurs émissions de CO2 et de cinq autres gaz réchauffant l'atmosphère, durant la période 2008-2012. Les 107 pays en développement qui ont ratifié le protocole auront de simples obligations d'inventaire d'émissions polluantes.

 

28 novembre-10 décembre 2005. 1ère réunion de suivi du Protocole de Kyoto et 11ème Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Montréal (Canada).

 

- La conférence, qui a mobilisé près de 10 000 personnes et une centaine de ministres de l'environnement, entérine une série d'accords (Accords de Marrakech [.pdf, 667 KO]), qui établissent les règles de fonctionnement du Protocole de Kyoto, permettant la totalité de sa mise en oeuvre. Les marchés du carbone deviennent ainsi une réalité.

- Par ailleurs, la décision de négocier un prolongement du Protocole au-delà de son échéance de 2012 est prise. L'accord de dernière minute prévoyant que les négociations seront menées dans le cadre plus large de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, les Etats-Unis, qui n’ont pas ratifié le Protocole, acceptent finalement de s’y associer.

 

Janvier 2006 : 2005. classée année la plus chaude

 

Un rapport émanant de la NASA (24 janvier 2006), constate que l’année 2005 a été la plus chaude depuis la fin du 19ème siècle. L’Organisation météorologique mondiale (OMM)[.pdf, 555ko] classait pour sa part, le 15 décembre 2005, l’année 2005 dans les deux plus chaudes depuis 1861, date du début des relevés de températures. La terre s’est réchauffée de 0,8 degré Celsius depuis un siècle et de 0,6 degré depuis 30 ans. La NASA souligne que ce réchauffement coïncide avec l’accroissement rapide des émissions de gaz à effet de serre -le département américain de l’énergie constatant une augmentation de 2% de ces émissions aux Etats-Unis en 2004- et préconise l’ouverture urgente de discussions sur la réduction des gaz à effet de serre.

 

11-12 janvier 2006. 1ère réunion du Partenariat Asie-Pacifique sur le développement propre et le climat : Sydney (Australie)

 

Ce Partenariat, formé en juillet 2005, regroupe les Etats-Unis, l'Australie et quatre pays d'Asie : Chine, Japon, Inde et Corée du Sud. Ces pays représentent près de la moitié des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, l'Australie et les Etats-Unis, ayant pour leur part refusé de ratifier le protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre. Le communiqué final mentionne que la lutte contre le réchauffement climatique ne doit pas freiner la croissance économique, et que la plus grosse partie de la lutte contre le réchauffement climatique reviendra au secteur privé.

 

6-17 novembre 2006. 12ème Conférence des Nations unies sur les changements climatiques.

 

Nairobi (Kenya).

 

La conférence des 168 Etats parties au traité décide que la révision du protocole de Kyoto devra commencer en 2008. Cette révision, qui sera fondée notamment sur le 4ème rapport du Groupe intergouvernemental d'experts sur le changement climatique" (GIEC),- à paraître à partir de février 2007 - doit permettre de définir les implications du protocole au-delà de 2012. La question de l'élargissement de l'accord à des pays comme la Chine ou l'Inde, non concernés par la première phase, sera posée. La conférence est également centrée sur le renforcement des mécanismes de soutien aux pays en développement, avec la mise en œuvre du Mécanisme de développement propre (MDP), qui permet à des pays industrialisés d'investir dans des pays du Sud pour contrebalancer leurs émissions de gaz à effet de serre ainsi que sur les modalités de fonctionnement du Fonds d'adaptation, destiné à parer aux impacts du réchauffement dans les pays pauvres. Les participants décident d'aider l'Afrique à obtenir des fonds pour des énergies "propres" éolienne ou hydro-motrice notamment.